Loos-en-Gohelle est une petite ville du bassin minier.passer du noir au vert ne s’est pas fait sans embûches. Histoire d’une aventure modèle.Comment sortir de la pauvreté quand on est né du charbon, que l’économie est sinistrée depuis la fermeture des mines ?

pyramides noires témoignent du passé minier de la cité. Le maire, Jean-François Caron, en a fait une fierté, prenant la tête du combat pour faire classer l’ancien bassin charbonnier du Nord-Pas-de-Calais au patrimoine mondial de l’Unesco. Désormais, 150 000 touristes viennent chaque année visiter ces vestiges. « La réappropriation culturelle de notre histoire est fondamentale, insiste l’édile. J’ai fait en sorte qu’on travaille notre mémoire collective et notre système de valeurs. On ne peut pas construire si on n’a pas d’estime de soi, si on se renie, si on ne sait plus où l’on habite. »

Avec 20 % de la population au revenu inférieur au seuil de pauvreté et 15 % de chômeurs,

Lucide et confiant, Jean-François Caron poursuit : « Notre ancien modèle de développement est mort. Il ressemble à la poule à qui on a coupé la tête. Elle s’agite frénétiquement, mais elle est morte. La plupart des gens en sont conscients, mais le nouveau modèle n’est pas encore apparu. Je pense que la reconstruction passe par les territoires. Les réponses innovantes viendront du local, car le local permet des désobéissances. Une innovation, c’est une désobéissance qui a réussi. Les gens entrent comme habitants et en sortent citoyens. »

j’ai participé à un Chti TedX, un mélange entre one-man-show et mini-conférence, pour expliquer cet engagement aux Loossois. 

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ans de développement durable
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habitants

les pas de son père, maire avant lui Elu plusieurs mandats avec des responsabilités exécutives au conseil régional (Vice président), et actuel maire de Loos en Gohelle, j’ai mené de nombreux projets de transition territoriale et géré beaucoup de projets complexes (tel l’inscription du bassin minier au patrimoine mondial de l’humanité) impliquant de nombreux acteurs publics et privés. Mon expertise touche aux domaines du développement durable, de la transition, et de l’implication des acteurs, habitants et acteurs économiques en particulier. La résilience des territoires me passionne. 2001

Collectivité :

Commune du Basin minier dans le Pas-de-Calais en région Hauts-de-France

Trajectoire avec l'EFC :

Impliquer les habitants et partir de leurs propres histoires pour mener une transition résiliente de la ville, de son lourd passé industriel jusqu'au statut de ville pionnière du développement durable.

Dynamique au sein du Club :

Loos-en-Gohelle représente pour le Club Noé un formidable terrain d'expérimentation. En partenariat avec les Anges Gardins, autre adhérent du Club Noé, de nombreuses initiatives en faveur de l'alimentation durable, de l'emploi et de la cohésion sociale, se déploient sur la commune. Au delà, le maire et ses administrés, notamment Julian Perdrigeat, s'impliquent remarquablement dans le développement de l'économie de la fonctionnalité et de la coopération, en témoignant lors de nos plénières et en participant à des ateliers thématiques.

Jean-François Caron

Maire de la ville
LinkedIn

Antoine Raynaud

Directeur de Cabinet de la ville
LinkedIn

Une trajectoire avec l'EFC:

Les actions mises en place :

S’est posé la question des finalités du service public au moment où la mine s’effondrait, que l’activité industriel de la ville s’est atteinte. Le rebond se fit par la culture, l’aménagement durable du territoire et surtout, l’évaluation de la valeur que tout cela crée. On génére de la confiance, de la capacité de prise de risque partagée, on génére de la co-construction, mais on sait pas bien dire ce que ça vaut et ça manque dans les logiques bugétaires comptable

Entant que collectivité locale, la mission que s’attache fermement la direction de la ville, c’est de co-construire le service public en impliquant les habitants et autres parties-prenantes. C’est d’abord par cette approche que la ville a pu se réinventer, en écrivant de milliers de mains la suite de son ouvrage, tournant la page d’un passé industriel marqué par les mines de charbon. Si aujourd’hui Loos-en-Gohelle est reconnu comme une ville pionnière du développement durable, c’est bien parce qu’elle a su professionnaliser sa démarche, institutionnaliser la résilience au centre de son action

A Loos-en-Gohelle, l’implication des habitants dans les projets de la commune est la règle d’or. Tout est en coconstruction : voirie, parcs, aménagements, projets culturels… « Les citoyens ont besoin d’être reconnus, pas d’être des spectateurs, explique Océane Ten. Et cela améliore les projets, car les bénéficiaires ont une expertise d’usage. L’idée est que la mairie et les bénéficiaires apportent chacun quelque chose. » Ce choix de la coopération a été une petite révolution dans la gestion des projets par les employés municipaux. Il a fallu beaucoup de formations à l’animation de réunion, au savoir-être, accepter, selon la formule du maire, qu’une pétition soit une opportunité, pas un problème. La mairie compte sept cadres de catégorie A, alors qu’une ville de taille similaire n’en a habituellement qu’un : le directeur général des services.

La concertation ne marche pas à tous les coups. Ainsi, le projet de skatepark, qui avait fait consensus chez les jeunes et les voisins, a connu des soubresauts. L’installation avait été décalée d’un an pour des raisons budgétaires. Les élus n’avaient pas pensé que certains riverains déménageraient, et les nouveaux venus ont râlé. Mais une charte d’utilisation de l’espace a eu raison des récalcitrants. Même la supérette Carrefour est entrée en dialogue avec les habitants pour choisir ensemble certains produits. Ici, les bonnes volontés sont bien accueillies. Sans dogmatisme.

Sur la place de la mairie, au cœur d’un centre-ville étonnamment vivant, le café associatif Ménadel et Saint Hubert est une plaque tournante de la vie locale. L’association Les Anges gardins, qui le gère, s’est inspirée des expériences de jardins communautaires de New York, aux Etats-Unis. Avec son Archipel fruitier, elle propose son aide pour retrouver le chemin de l’emploi. Mais le café sert aussi de repaire à des couturières, pour des ateliers de cuisine ou des conférences. Une monnaie locale, la manne, a été créée. De nombreux commerçants l’acceptent, et elle sert aussi pour l’échange de services entre particuliers. Son utilisation a explosé avec le Covid-19, la mairie ayant récompensé en mannes les couturières bénévoles qui avaient fabriqué des masques pour les habitants.

La méthode mise en place à Loos comporte, pour résumer,
trois piliers, étroitement imbriqués .
IMPLIQUER LES HABITANTS
De la réunion publique à l’élection, en passant par la concertation, la
coproduction, et l’agencement des acteurs dans une démocratie locale
« contributive », permettant à chacun de se sentir membre de la communauté,
reconnu et utile, et par extension, coresponsable de l’action publique.
ENTRER PAR LE RÉEL
Faites de petits pas progressifs, elle confère à Loos un statut de
ville « pilote » : innovation appliquée au réel en partant des besoins
véritables (exprimés et qualifiés), expérimentation, évaluation,
généralisation, pour rompre avec la logique du statu quo.
Cela nécessite un certain courage politique : accepter de prendre des risques et
de faire des erreurs (c’est la base de l’apprentissage et de la connaissance).
PENSER « SYSTÉMIQUE » ET TRANSVERSAL
Un schéma qui intègre toutes les dimensions d’un développement durable :
du local au global, et du global au local, dans un va et vient constant, tenant
compte dans son application, et dans ses conséquences, du milieu naturel, de la
culture, du lien social, et de l’économie, dans le but de préserver les ressources
naturelles, protéger les biens communs, partager et distribuer la richesse.

En vingt ans, la commune est devenue un modèle de transition écologique, au point que l’Ademe (agence gouvernementale dédiée) l’a identifiée comme étant un « démonstrateur de la conduite du changement vers une ville durable ». Le zéro phyto, pas de pesticides chimiques dans l’entretien de la commune, a été atteint bien avant que la loi ne l’impose. Le développement de l’agriculture biologique est encouragé. « La commune avait récupéré 7 hectares de terres agricoles, explique Pierre Damageux, ancien adjoint à l’urbanisme et à la ruralité et lui-même agriculteur. Nous avons proposé ces terres à des agriculteurs à condition qu’ils les cultivent en bio et convertissent aussi un équivalent de leurs propres terres en bio. Finalement, ce sont 18 hectares qui ont ainsi été cultivés. » « Au départ, j’avais dit non, raconte Thierry Baillet, et puis, deux ans plus tard, on s’est mis à quatre pour reprendre ces parcelles et on a créé Bioloos. Quand j’ai vu que techniquement j’arrivais à faire du bio et que c’était économiquement plus stable, j’ai décidé de convertir peu à peu mes terres, comme mes collègues. Notre objectif est d’atteindre ensemble 300 hectares cultivés en bio. Notre conversion complète aura pris dix-huit ans. »

L’aventure aura aussi conduit Thierry Baillet sur YouTube : sa chaîne Agriculteur d’aujourd’hui compte plus de 75 000 abonnés. En 2011, de cette dynamique est né le projet Vital (villes, transition et alimentation locale). Il est désormais porté par l’agglomération lensoise. Les jardins partagés, successeurs des jardins ouvriers, ont été développés avec l’appui de cinq associations. Francis Kubala, responsable des Biaux Gardins, gère une vingtaine de parcelles, mais aussi des vergers et des ruches. « On s’inscrit dans la tradition de la Compagnie de Lens, qui avait pris exemple sur les mines anglaises avec les cités-jardins. On essaie aussi d’intégrer les habitants des petits HLM voisins. »

Les économies d’énergie et le développement des énergies vertes sont au cœur du projet. La municipalité veut faire de Loos-en-Gohelle la première ville de France à bilan énergétique positif en 2050. « Nous savons bien que cela sera difficile à atteindre, mais l’important, c’est la dynamique », explique Geoffrey Mathon, premier adjoint, qui devrait succéder au maire à mi-mandat. Des maisons de mine en brique rouge ont été rénovées selon les critères de haute qualité environnementale (HQE). Les factures d’électricité ont été divisées par dix !

Après l’église, c’est au tour des bâtiments communaux d’être équipés de panneaux photovoltaïques grâce à un plan solaire citoyen. La société par actions simplifiée Mine de soleil a été créée. Elle regroupe Sunelis, une entreprise spécialisée dans les panneaux photovoltaïques, le conseil régional, la ville et plus de 100 citoyens. Tous les enfants nés sur la commune depuis 2018 reçoivent symboliquement une action de la société. L’installation a été bouclée en quelques mois et le raccordement au réseau EDF doit intervenir dans les semaines qui viennent. « Attention, n’imaginez pas que nous sommes une commune de bobos, prévient le maire. Nous sommes une des villes où l’on paie le moins d’impôts locaux. L’argent, on va le chercher. Et il y a du budget pour l’innovation. Nous sommes très soutenus par l’Europe. »

Le rayonnement de la commune est surprenant, vu sa petite taille ; Loos-en-Gohelle est devenue une terre d’échanges. Chaque mois, elle reçoit des étudiants et des représentants de communes qui veulent se former à ces questions écologiques et de nouvelle gouvernance. Autre signe de cet esprit loossois : ce qui était le cœur minier est devenu la Base 11/19, un lieu où sont rassemblés différents acteurs culturels et économiques. Au pied des terrils : un chevalement métallique des années 1920, une tour de concentration en béton datant de 1960 et d’immenses bâtiments en brique rouge. Le site réhabilité accueille une pépinière d’entreprises tournées vers l’écologie, le Centre de développement des éco-entreprises (CD2E), un accélérateur pour faciliter la transition énergétique et écologique de l’économie des Hauts-de-France et au-delà, le Centre ressource du développement durable (CERDD), pour assurer la promotion d’un développement économique durable, et aussi une scène nationale, Culture commune.

a manne, monnaie locale, sert à rétribuer des services puis à acheter des denrées alimentaires dans un circuit vertueux.

ASSEOIR LA TRAJECTOIRE SUR UNE MÉMOIRE
Les trois piliers de la « méthodologie loossoise » reposent sur un socle fondamental :
la notion de trajectoire, consubstantielle du travail de mémoire. Celle-ci permet de
définir collectivement un futur souhaitable, en ne reniant pas les leçons du passé.
L’expérience de Loos démontre qu’asseoir un nouveau modèle de
développement repose sur la force évocatrice d’une mémoire. Travailler et
valoriser cette mémoire est à la base du processus de résilience territoriale.
Évidemment, tout copier-coller de la méthode est inutile, voire impossible,
tant les situations divergent dans leurs réalités et selon le contexte.
Pour autant, peut-on envisager une adaptation du « code source » ?
• Travailler la mémoire, en faire un point d’appui pour mieux appréhender l’avenir et s’ouvrir, dans sa trajectoire, à la durabilité ;
• De la culture faire un filet de sécurité social, un levier de reconnaissance, de valorisation et donc d’implication des habitants
et, par conséquent, de transformation du territoire ;
• Porter et partager un diagnostic social et environnemental pour dessiner l’avenir collectivement ;
• Partir des besoins et des usages pour penser le modèle économique ;
• Se confronter à la complexité du réel, appliquer une méthodologie de terrain ;
• Être à l’écoute des autres, impliquer les acteurs (associations,
entrepreneurs, individus) et s’impliquer dans le collectif ;
• Mettre les solutions en place communément, dans un cadre de
pensée et d’action transversal et systémique, qui ne néglige
aucunes des composantes du développement durable ;
• Oser…
30 ans de développement durable appliqué à Loos-en-Gohelle – Licence Creative Commons 15
ESSAIMER
Ces éléments de méthode constituent peut-être les ingrédients de
la résilience loossoise, mais ils ne lui sont pas réservés.
Dans la réalité, il existe autant de possibilités de se mettre « en trajectoire »
que de communautés de confiance constituées ; autant de voies pour se mettre en
« mouvement », pour engager la « transformation », que de collectivités, de territoires,
de groupes d’êtres humains rassemblés autour des biens communs qu’ils partagent
et défendent et des valeurs qu’ils revendiquent – les émeuvent et les font se lever.
Transition énergétique, adaptation au changement climatique, qualité
de l’air et de l’eau, protection des milieux naturels, préservation de la
diversité biologique, inclusion sociale, développement économique,
redistribution des richesses : les enjeux ne manquent pas !
Face aux défis qui s’annoncent – et individuellement nous dépassent –
chacun peut, et doit, en prendre sa part. Comme une part de bonheur
qui croît à mesure qu’on s’engage et qu’on la partage.

Pour se relever, les Loossois partent à la conquête de leur histoire. Au début des années 1980, la Municipalité, emmenée par le Maire socialiste Marcel Caron, fait de la culture un premier levier de transformation. On travaille la mémoire, la notion
de trajectoire. On réhabilite les friches pour accueillir des spectacles vivants. Un terril du centre ville est reconverti en amphithéâtre de verdure. On valorise le patrimoine culturel, matériel et immatériel. Avec l’aide de plasticiens et des artistes, on fait du « land art » sur les terrils. On s’invente un imaginaire nouveau : les montagnes noires se transforment, le temps d’un été, en sommet du Kilimandjaro… Les habitants de Loos retrouvent la capacité d’initiative qui leur avait été confisquée par le système paternaliste minier. Les Houillères exerçaient un
contrôle exhaustif de la vie des familles de mineurs : à l’école, au travail, jusque
dans les loisirs et dans la sphère privée, en somme du berceau à la tombe.
En 1984 démarre une aventure extraordinaire : la Ville organise la première
édition des Gohelliades, un festival culturel populaire. L’objectif consiste à
valoriser les vestiges de l’épopée minière : chevalements et usines, voués
à disparaître, sont conservés puis réappropriés. Le festival met en lumière
la diversité des savoir-faire locaux et l’identité culturelle locale.
Les Gohelliades ont lieu chaque été, chaque année, depuis maintenant
trente ans. Véritable outil d’éducation populaire, dernier filet de
sécurité sociale quand tout se délite à l’entour, la culture appliquée au
terrain permet aux Loossois de créer les conditions du rebond.
Par la reconnaissance qu’il apporte, le festival accompagne le travail de
deuil entamé par la population : c’en est fini du charbon, finie la société
d’antan. Il s’agit d’aller de l’avant en prenant pied sur le passé.
1986 marque la fin de l’exploitation minière à Loos.
C’est le début d’une lente métamorphose : ultime fosse encore en activité,
le « 11/19 » ferme définitivement. Après d’intenses négociations avec l’Etat
et les compagnies de mine, propriétaires du site, la Ville parvient à y jouer
« Terre d’en haut, Terre d’en bas », un spectacle son et lumière participatif.
Anciens mineurs et agriculteurs interprètent leurs propres rôles sous le feu
des projecteurs. La trajectoire de Loos est ainsi mise en scène. Les Loossois
redeviennent littéralement « habitants acteurs » de la Ville et de leur destin.

Ayant retrouvé le goût d’agir ensemble, les Loossois se lancent, au milieu des années 1990, dans la révision du Plan d’Occupation des Sols (ou POS, un document de planification urbaine obligatoire). C’est l’occasion d’un grand diagnostic
social et environnemental partagé, afin de partir des besoins, du vécu et de l’expertise d’usage des habitants. Forces et faiblesses, freins et opportunités sont définis collectivement, sous le regard d’experts extérieurs.
Sous l’impulsion de Jean-François CARON, alors conseiller délégué à l’urbanisme
et à l’environnement, les services municipaux orchestrent la concertation. Une
écoute sociale des quartiers est organisée, des questionnaires sont régulièrement
adressés à la population par le biais du journal municipal Echos Loossois, des
réunions publiques d’expression libre accompagnent la réalisation d’une étude
d’écologie urbaine : sur la base des besoins exprimés, puis qualifiés, elle dessine
un plan pour l’avenir. L’étude définit les grandes priorités d’intervention publique.
En parallèle, la Mairie expérimente ses premières opérations concrètes de
développement durable : quelques maisons des mines sont, par exemple,
rénovées en 1997, Cité Belgique, selon des critères  » HQE  » (haute qualité
environnementale, un label d’écoconstruction). A l’époque, de nombreux
appels d’offre restent sans réponses, faute d’être trop précurseurs.
Par cette coproduction du diagnostic, les Loossois aboutissent, ensemble, à
la définition d’un programme participatif d’amélioration et de préservation
du cadre de vie. Il est formalisé et signé en 2000, cinq ans après le début de
la concertation, sous le titre de « Charte du cadre de vie ». La Charte est une
pierre angulaire dans la trajectoire de résilience de Loos. La Charte annonce
un tournant, une rupture avec l’ancien modèle : le choc est accepté, absorbé,
les faiblesses du territoire se transforment en forces. Elles deviennent autant
d’opportunités d’avancer d’une façon nouvelle. On tire enfin les leçons du passé.

Contenu d’accordéon

Loos totalise une production photovoltaïque de 177 700
kWh / an, l’équivalent de la consommation annuelle
de 69 ménages, dont quasiment 50% produits par
les habitants (grâce au soutien de la Ville et de la
Région aux particuliers) et les bâtiments publics.
Près de 31 ménages ont été accompagnés par la
Ville pour la pose de panneaux photovoltaïques.
La rénovation de la façade sud de la toiture de
l’église en panneaux solaires photovoltaïques
rapporte 5000 € par an à la Ville grâce à un partenariat avec Enercoop. Elle permet l’économie de 2,9 tonnes de CO2 par an.
7 véhicules communaux fonctionnent actuellement au GNV, 2 vélos à assistance électrique sont à disposition du personnel et les Echos Loossois, journal communal, sont
régulièrement acheminés en triporteurs électriques par les services techniques.
Le projet VITAL traite la question énergétique sous l’angle de l’alimentation et des
circuits courts et de proximité. Aujourd’hui 100% des repas servis à la cantine
maternelle sont au bio et 15% au foyer logement pour personnes âgées.
La Ville s’équipe également en solaire thermique (foyer logement). Elle a réduit sa
consommation électrique de 20% en modernisant une partie de son éclairage public et
en installant des horloges astronomiques. Et elle entend bien amplifier le mouvement !
Loos mène une politique d’écoconstruction depuis 1997 et cherche à structurer
un modèle économique fiable pour la réhabilitation du patrimoine bâti.
Depuis 2000, le chauffage électrique est interdit pour toute nouvelle construction ou
opération de réhabilitation. La Ville compte aujourd’hui 146 logements écoconçus,
or bâtiments municipaux et institutionnels, avec des opérations comme Villavenir :

  • 6 maisons sociales BBC à haute technologie, réalisée par la FFB. Ou Chênelet : 6
    maisons sociales bois BBC avec politique d’insertion sociale, dont la facture énergétique annuelle pour un T4 de 80 m2 est de 200 €. Dans les logements miniers
    traditionnels et non réhabilités, celle-ci s’élève parfois jusqu’à 2000 euros !
    Des projets ambitieux visent à structurer un modèle économique pour généraliser
    l’écoréhabilitation des logements anciens : Loos Rehab, à l’échelle de tout un quartier
    de la Ville (Les Castors), pour des propriétaires occupants, et en articulation avec les
    bailleurs sur le reste de la commune. Ou encore Réhafutur, dans le cadre du cluster
    régional Ekwation : réhabilitation d’une maison témoin et de 6 logements miniers.
    Récupération de l’eau
    Avec 112 m3 de capacité de récupération, la Ville dispose d’environ trois
    semaines d’autonomie pour ses usages impropres : arrosage, lavage et
    sanitaires. La pose de noues d’infiltration participe de cette démarche
    d’épargner cette ressource rare mais néanmoins essentielle !

Loos-en-Gohelle fait preuve d’un fort dynamisme local :
• Doublement du nombre d’associations depuis la multiplication par 10
du FPH (fonds de participation des habitants) en 2001
• Mobilisation de nombreux bénévoles dans la vie locale traditionnelle (Gohelliades, Sainte Barbe, Corso fleuri…) ou lors
d’évènements extraordinaires, comme la Route du Louvre (160
bénévoles mobilisés en 2014 pour 15 000 participants à ce marathon et circuit de randonnée, reliant Lille à Loos-en-Gohelle)
L’implication systémique des habitants et des acteurs locaux :
• De la simple réunion publique d’information à la coconstruction d’aménagements (rue Hoche, espaces publics de proximité,
skatepark…) et la coproduction de documents d’urbanisme
(Charte du cadre de vie, plan local d’urbanisme…)
• Leur « capacitation » qu’illustrent notamment les nombreuses
initiatives spontanées accompagnées dans le cadre de « fiftyfifty » (un dispositif municipal pour répondre, de façon agile,
à toute initiative spontanée provenant des habitants).
• Dans la perspective d’une opération de renouvellement
urbain, Quartier Ouest, une dynamique de proximité, avec un
animateur dédié, existe depuis trois ans, véritable jardinier
social chargé de faire germer les idées et les projets !

Mise en récit pour soulever la valeur réellement créer et l’inscrire dans le temps, la pérenniser, créer les conditions d’une trajectoire, d’une histoire avec une suite souhaitable, d’où on vient, où on est, on l’on va

 

 

 

Certains résultats se révèlent peu quantifiables,
voire peu visibles. C’est le cas de l’augmentation
des compétences collectives de la population, les
liens de confiance qui se nouent, la fierté retrouvée.
Certains pourraient paraître minimes,
infimes, alors qu’ils sont fondamentaux :
la prise de parole avérée, en réunion
publique, d’un habitant jusqu’ici très en marge de la société ; ou encore le
passage d’un autre, d’une posture de « râleur  » à celle de  » contributeur « , après
l’accompagnement par un fifty-fifty de son initiative d’intérêt général (aujourd’hui
membre bénévole du conseil d’administration d’une structure publique)…
La Ville est à l’écoute de toutes ces « fines traces », révélatrices de
l’aspect inclusif et contributif de son modèle de développement.
Elle est également attentive à celles qui révèlent un mécontentement ou une
difficulté. Toute pétition est accueillie avec bienveillance : les habitants signataires
et mobilisés ont réfléchi ensemble à un problème donné, ils ont donc fait le
plus dur. A charge pour la Mairie d’appuyer cette dynamique, cristallisée autour
d’une revendication, en énergie positive et en propositions d’amélioration.

Actualité de la ville :

Après 7 ans de service comme directeur de cabinet de la ville, Julian PERDRIGEAT, personnalité très investit dans la mouvance de l’économie de la fonctionnalité et de la coopération, passe le flambeau à Antoine RAYNAUD. Merci à lui pour son travail remarque à Loos-en-Gohelle, source de connaissance au regard des expérimentations rondement menées.

Julian Perdrigeat anime aujourd’hui la Fabrique des transitions, où il continu de participer à la conduite d’un changement de modèle.

@ : antoine.raynaud@loos-en-gohelle.fr