Eter Conseil est l’activité indépendante de conseil en changement de modèle économique portée par Aymeric Salmon. Crée en 2018, cette activité vise à faire intervenir ce professionnel, diplômé à l’Ecole centrale de Nantes et Co-fondateur de Lokéo, une des première expérimentation relative à l’économie de la fonctionnalité, dont il tira un grand nombre de leçons qu’il vise à partager par le biais de son activité de conseil.

Doté de très bonnes en connaissances sur le textile et les évolutions de ce secteur, il est membre du conseil stratégique de l’entreprise Safilin, plus ancienne filature de lin en Europe.

Avec le Club Noé, en participant à notre groupe de travail autour des enjeux de l’accompagnement des organisations qui souhaitent s’engager vers de nouvelles formes d’organisation et de production avec l’économie de la fonctionnalité et de la coopération, il recherche de nouvelles opportunités.

ETER Conseil

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Consultant
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ans d'expérimentation

Aymeric Salmon est, depuis 2018, membre du conseil de surveillance de Commown, un mouvement pour une industrie de l’électronique plus responsable. Contrairement au modèle de vente classique des produits électroniques, cette SCIC propose en location avec services intégrés, un certain nombre de produits issus de l’économique circulaire, comme des Fairphone. Avec l’économie de la fonctionnalité, l’entreprise qui propose ce type de service a intérêt à fournir des produits durables et « réparables », puisque les pannes et casses sont à sa charge.

Domaine d’activité :

Intervention sur des enjeux de changement de modèle économique / Conseil en gouvernance des organisations en transition.

Clients :

Organisations diverses, notamment les grandes entreprises, ayant identifiées des frictions dans leur modèle économique face aux processus de changement.

Dynamique au sein du Club :

Aymeric Salmon assiste de longue date à nos plénières et participe aujourd'hui au groupe de travail Accompagnateurs du Club Noé. En collaboration avec un autre adhérent, Anthony Lecerf, il est un coopérateur de l'entreprise Its on us, qui accompagne un ensemble de structure sur les enjeux du numérique responsable, comme point de départ d'une réflexion plus globale sur leur modèle économique.

Aymeric Salmon

Président de ETER Conseil
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Une trajectoire avec l'EFC

Les accompagnements relevant de l'économie de la fonctionnalité :

Co-fondateur de Lokéo, une des premières expérimentations relatives à l’économie de la fonctionnalité, Aymerc Salmon identifia un certain nombre de points d’attention à avoir pour impulser une transformation du modèle économique d’un grand groupe, à savoir le groupe Boulanger. Groupe qui souhaitais à l’époque mener une expérimentation sur de la location.

Au départ, en 2009, le groupe est parti d’une feuille blanche et a sondé l’ensemble des collaborateurs afin de déterminer les axes qui, selon eux, devaient émergé chez Boulanger. Le sujet de la location a émergé comme une des pistes à creuser. Une personne fut déléguée sur ce projet stratégique et l’a habillé de l’accroche suivante : « l’usage plutôt que la propriété ». L’entreprise n’eue pas pour autant l’ambition d’ancrer cette accroche à une dimension sociétale (environnement …) mais en premier lieu, à une problématique logistique : qu’est-ce-que c’est que de louer du matériel ? 

Aymeric Salmon fut le premier salarié et initiateur de Lokéo. « C’est en faisant qu’on s’est structuré. » Un des collaborateurs a pu participer aux réflexions du laboratoire ATEMIS sur ce que l’on appel alors à l’époque « l’économie de l’usage », puis « l’économie de la fonctionnalité ». La coopération n’était pas le sujet de départ. C’est là la grande limite que ce témoignage nous offre.

« On s’est rendu compte qu’une remise en cause de la propriété pour les biens déflationnistes devait être faites. Cela a du sens d’être propriétaire d’un appartement mais pas d’un lave-linge. L’idée est d’avoir du linge propre. On a alors décentré notre projet de la vente de produit au profit d’une dimension de service.

Gérer les angles juridiques, les enjeux liés au payement, la gestion de l’impayé, rentrer dans une logique de transaction permanente, la location est un modèle très complexe à appréhender et stérile de sens environnemental quand il n’est qu’au service de la vente de toujours plus de biens et de service, par l’attrait d’une sorte de crédit à la consommation. Comment aller au bout de la démarche ?

« Gérer la deuxième vie, au niveau logistique, on n’y arrive pas. D’abord, parce la plupart de nos fournisseurs ne voulaient pas rentrer dans ce cercle. À l’époque, un transporteur allait simplement à la benne à ordure. Aujourd’hui, pour arriver à quelque chose qui se rapproche d’une circularité, il a fallu mettre en place la seconde vie est c’était beaucoup de travail. Les process de reconditionnement n’ont pas été conçu pour du réemploie, les fabricants ne voulaient pas retrouver leurs produits en location ou devoir en faire le SAV. » Autant de contraintes externes qui se rajoutent à un effort gênant en interne : si tous les mois quelqu’un paye pour un service, un accompagnement au plus proche de ses contraintes, ce n’est pas les mêmes niveaux de responsabilité demandés aux collaborateurs, ni les mêmes formations.

Boulanger ne pouvait pas construire une expertise sur autant de produit. Dans une logique d’accompagnement, il aurait fallu diminuer les gammes, mais dans une culture de consommation de masse, on ne peut le comprendre. Impossible de ne proposer que deux modèles d’écran plat. Alors, le SAV reste sommaire, c’est une contrainte, un coût qu’on se charge de standardiser, de négliger, de rendre superflu. Pourtant, c’est là la valeur ajoutée d’un distributeur, qui doit apporter du conseil, de l’accompagnement, non pas seulement avant la vente, mais après. Le distributeur ne doit plus n’être que l’intermédiaire de vente où l’ensemble de ses efforts ne sont qu’avant l’acte de vente. Autrement, Amazon le fait mieux que n’importe qui aujourd’hui. 

Pour Aymeric Salmon, la fin est claire : « Le projet est mort à cause de la politique. » Le projet a pu grossir parce que son équipe de projet a eu la paix pour le faire maturé dans notre coin. Pour autant, il n’y a pas eu une réflexion stratégique avec l’ensemble de la structure Boulanger. On ne peut pas dire au client d’acheter un produit ou le louer. Les deux modèles s’attaquent frontalement. L’un doit bouffer l’autre. On a levé des alertes sur la friction des deux modèles de développement qui ne pouvaient cohabiter, mais on nous laissé faire. Le jour où il a fallu faire le switch, ils n’étaient pas prêts et le choix fut rapide. « Restons sur nos acquis, le changement est trop complexe à gérer ». Ils n’ont pas mis plus d’argent pour soulever ses contraintes, car ils ne savaient pas où tout cela allait les mener. Les indicateurs économiques sont différents. Un contrat de location n’existe pas dans les comptes, c’est un engagement du client de payer le long du contrat. Dans une logique traditionnelle, seul compte ce qui se compte, ce qui ne se calcule pas ne compte pas.

Malheureusement, ce projet qui aurait pu être le moteur qui tire le gros bateau vers demain, n’est resté que dans un petit coin du fond de la cale. Boulanger location fut la suite du projet, qui fut alors dénaturé, relayé au stade d’un super crédit consommation, simplement au service de la vente de toujours plus de biens.

@ : aymericsalmon@gmail.com