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Le choix : souffrir au travail n’est pas une fatalité

Psychiatre, psychanalyste, professeur au Conservatoire national des arts et métiers, Christophe Dejours est directeur de l’équipe de recherche «Psychodynamique du travail et de l’action». Parmi ses nombreux ouvrages (Souffrance en France ou encore La Panne), Le Choix est indéniablement celui qui permet le mieux d’appréhender l’économie de la fonctionnalité et de la coopération, ce nouveau modèle économique conceptualisé, entre autre, par Christian Du Tertre, qui signe d’ailleurs la deuxième partie de l’ouvrage.

Dans une première partie, Christophe Dejours produit un état des lieux des conséquences néfastes pour la sante mentale des organisations du travail gestionnaires, productivistes et généralistes depuis les années 80. Par l’observation et un travail de recherche de plus de 30 ans, l’auteur mène ensuite une argumentation pour enfin affirmer que non, souffrir au travail n’est pas une fatalité.

Dans une deuxième partie, Christian Du Tertre introduit en quoi cette souffrance au travail, ces crises économiques, ces pertes de sens et ces impasses grandissantes ne viennent pas de nul part, mais bien du modèle économique dans lequel se sont enfermées nos organisations depuis déjà bien longtemps. Loin de se retirer dans la critique, le livre introduit avec brio l’importance de l’expression de la subjectivité au travail, de la mobilisation des ressources immatérielles, comme la pertinence, la confiance, la compétence, comme facteur de performance, ainsi qu’en somme, la perspective d’un modèle économique serviciel. Cette dimension « servicielle » du  travail, c’est-à-dire le fait de « rendre service à » (plutôt que simplement « être au service de »), deviendrait essentielle pour garantir la production, pour réussir à faire converger les intérêts économiques, au enjeux sociaux et environnementaux de notre temps.